Le règlement de l'auberge est strict : retour avant 22h, extinction des feux à 22h30. Et c'est tant mieux surtout quand le gîte compte 60 personnes. Surtout aussi que les nuits sont courtes lorsque les premiers réveils-matin se mettent à sonner à 5h00, annonçant les claquement de portes et les mouvements de sacs dans tous les sens... Je ne suis pas pressé de sortir du lit avec l'avant-garde. J'attendrai 7h, l'heure d'ouverture des premières échoppes, pour me prendre un petit-déjeuner dans une panaderia (croissant - café - jus d'orange frais : 3,50 €).

Petite étape de 23 km (6h30) entre San Sebastian et Zarautz. Le ciel est toujours aussi azur et les rayons du soleil aussi traîtres, adoucis par le vent du large... Les 10 premiers km sont tout en grimpée, passant de quasiment 0 à 400 mètres, le long de petites routes de campagne heureusement peu fréquentées et de rares sentiers sablonneux.

Orio au bord du ria du même nom
Orio, au bord du ria du même nom où j'arrive vers 11h30, sera ma première vraie halte, entendez par là où je m'assieds à la terrasse d'un bar pour siroter une cerveza et un pintxo (4,20 €, info donnée ici pour ceux préoccupés par les questions de budget...) ! Deux randonneuses solitaires aussi déshydratées que moi se joignent à ma table. C'est ainsi que je fais la connaissance de Monica et Ivana, deux italiennes, la quarantaine, avec qui j'aurai encore l'occasion de faire un bout de chemin... Il y a aussi Olga, accompagnée de son fils Andoni. Cette espagnole du nord, la soixantaine, râblée, est intarissable quant il s'agit de partager quelques histoires vécues. Sûr qu'en papotant avec elle, mon espagnol serait dopé ! Mais pour l'heure, je préfère la solitude...
Le GR 121 vers Zarautz
Les routes asphaltées commencent à peine et déjà elles m'exaspèrent. Et quand, à hauteur d'un camping, le Camino croise le GR 121 qui descend vers Zarautz, je n'hésite plus entre le Camino "real" et le GR. La plage de Zarautz est noire de monde à peine vêtu d'un maillot alors que nous, nous paraissons un peu anachroniques avec nos bottines et nos sacs gargantuesques lorsque nous nous faufilons entre tous ces jeunes voluptueusement dénudés...

Il est près de 14h, quelques peregrinos attendent déjà à l'entrée de l'auberge dont l'ouverture n'est prévue qu'à 16h00. Petit à petit, les sacs à dos s'accumulent et font la queue devant la porte d'entrée selon le principe du premier arrivé, premier inscrit, premier douché... Et ce "droit de préemption", comme je le constaterai souvent et vous en parlerez plus tard, n'est pas sans causer quelques problèmes...

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