J’avais donc repoussé l’idée d’un jour fouler à nouveau les chemins du Camino, et en particulier du Camino francés... mais l’échéance s’était finalement imposée à moi plus tôt que prévue. Me voilà donc en route en ce début d’automne vers Saint-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées.

Bruxelles - Paris - Bayonne… Derrière les vitres du TGV, les paysages défilent, et comme à chaque fois, un petit pincement au ventre m’accompagne… Mon cerveau fonctionne encore à plein régime avec ses questions du “pourquoi”... comme s’il fallait une justification à chaque chose qu’on entreprend. Je sais aussi, d’expérience, qu’après quelques jours ces questionnements font place à de plus basiques questions comme “où dormir” et “où manger” à l’étape...

Les terres de Gascogne sont recouvertes de nuages cotonneux dont l’ombre projetée offre des contrastes dignes des plus beaux paysages irlandais… Sauf que, ici, les landes ont depuis longtemps cédé la place à de grands et monotones champs de mais…

Changement de train à Bayonne. Et changement de décor... Plus lent que le TGV, le TER pyrénéen… m’offre une transition que je savoure pour arriver en douceur avant de partir, demain, fouler les 800 km qui m’attendent au fil des prochaines semaines. Simplement, lentement, en posant un pied devant l’autre… Je ne suis pas le seul à partager cette folie, une grosse quinzaine de personnes au total se partagent les places assises du wagon, et tout indique que ce sont pour la plupart des pèlerins étrangers. Sac à dos, bâtons de marche, accents inconnus et pour certains une belle coquille Saint-Jacques accrochée au sac, un élément qui lève tout doute sur la destination poursuivie. Quant à leurs motivations, allez savoir… chacun ayant les siennes. Mais le constat est là, chaque année ils sont de plus nombreux à venir et revenir sur le “ Camino de Santiago” qui agit comme un aimant voire comme une drogue… Pour l’heure, ils sont de nature plutôt timide tous ces pèlerins, chacun dans son coin dans le train, mais soyez-en sûr, cela ne durera pas...

Saint-Jean-Pied-de-Port, Département des Pyrénées Atlantiques… Terminus, tout le monde descend. Le centre d’accueil des pèlerins en haut de la rue principale de la cité médiévale est le passage obligé pour obtenir le fameux sésame : la “crédenciale” c’est-à-dire le “passeport du pèlerin” qui permettra d’accéder aux hébergements (refugios). Et, au final, obtenir la  “Compostela”, sorte de certificat attestant que vous avez bien effectué “Le” Chemin (Camino) et atteind Santiago de Compostella. En réalité, l’un des “camino” car les voies pour atteindre Santiago de Compostelle sont multiples. Mais tout cela est encore bien loin… Pour l’heure, il est tard et, suivant les conseils des volontaires du centre d’accueil, je me dirige vers l’un des gîtes ouverts -  “Le chemin vers l’étoile” (16 € avec petit déjeuner) - , le refuge municipal étant complet ce soir. Superbe demeure traditionnelle, logement correct sans plus vu le prix assez élevé pour un hébergement pèlerin. Ce soir, je partage la chambrée avec Jean-Michel, un français d’Avignon avec qui, je ne le sais pas encore, je marcherai un bout de chemin; il y aussi un italien, trois coréens et un iranien… Et si l’un des coréens “siffle” la nuit, je me réjouis de ne pas avoir une chambrée d’allemands dont j’ai déjà pu tester à plusieurs reprises les ronflements…

Demain, “en route” pour passer de l’autre côté des Pyrénées. Direction, l’Espagne !

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