Il a plu cette nuit et les nuages sont largement présents ce matin … À la sortie du village, je dépasse Tom, un danois à la mine patibulaire croisé la veille comme une âme en peine au bar-resto du village. Son sac est à moitié ouvert, il me dit se perdre de nombreuses fois lorsqu’il chemine à l’aube… Même si le chemin est généralement bien balisé, dans l’obscurité il est difficile de localiser les repères… Je dépasse Tom, non sans oublier de lui souhaiter, comme le veut la tradition, un Buen camino

Le jour se lève progressivement et laisse découvrir une meseta tout en contraste avec des sols crayeux, blancs, qui contrastent avec d’autres d’un brun prononcé, ponctués des fruits rouges d’églantiers de saison… Cette meseta m’inspire, on y trouve le silence et seules quelques éoliennes au loin nous rappellent que la civilisation n’est pas loin…

Deux heures plus tard, arrivée à Hontanas, un village abrité au fond d’une vallée dont les photos illustrent de nombreux sites web. L’arrivée dans le village est l’espoir d’une pause à l’abri du vent qui souffle sur les plateaux. Ce n’est pas pour rien que ces villages sont blottis au fond de vallées : plus frais en été et à l’abri du vent glacial l’hiver. L’homme a toujours su choisir au mieux son habitat… Je retrouve Edouardo au bar du village où nous déjeunons. C’est devenu presque une tradition : départ le ventre vide, petit-dej 2 à 3 heures plus tard dans le premier village de l’étape.


Ancien monastère de San Anton… Deux ouvertures dans le mur où auparavant on approvisionnait les pèlerins en nourriture. On y trouve des messages et des intentions (photos). Les derniers km longent la route. Le village de Castrojeriz tout en longueur s’étire sur plus de 3 km et présente trois églises au moins, une à chaque extrémité et une au centre de la Plaza Major où se situe l’Albergue San Esteban. Expo de photos dans l’auberge. Joli village...

Plusieurs de nos amis pèlerins ont fait de plus grandes étapes. La quiétude et le calme qui règnent maintenant contrastent avec les précédents jours où nous nous retrouvions souvent à plusieurs autour d’un verre. En chemin, ce matin, j’avais à la fois la nostalgie d’avoir laissé des amis me devancer et à la fois la joie de trouver une quiétude et une solitude plus propices à faire “mon” chemin. Mais cette année, je ne suis pas pressé, j’ai décidé de prendre mon temps… Marcher ou courir, c’est une question qui revient en chemin… Arrivé à l’Albergue municipal San Esteban, la réponse m’est donnée par une carte qui traîne à côté de mon lit, comme un message : Todo el mundo corre pero nadie va a ningun lugar (...).


Après la sieste, Eduardo et moi montons voir el “Castillo”, le château fraîchement restauré qui offre au sommet de la colline un splendide panorama à 360° sur la meseta alentour. Tout le long de la montée se trouvent des cavités dans le calcaire; ce sont d’antiques bodegas et des maisons troglodytes, certaines restaurées et encore habitées.

Le soir, repas à l’Albergue avec Eduardo et un anglais qui fait la route Rome - Santiago - Rome - Jérusalem. Sans famille, sans travail, il a le temps…

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