8h00, le bar ouvre ses portes, je suis le premier client de la journée. Aujourd'hui mes jambes m'entraîneront sur 40 km jusqu'à Puebla de Sanabria où je retrouverai certainement Jean, Jean-Claude et Angel.

8h30, je démarre. C'est sûr, on monte vers le nord, il fait caillant et les paysages sont saupoudrés de givre... En sortant de Mombuey, j'ai du louper une flèche car je me retrouve à longer la Nationale N 525 plus loin que prévue mais un pont sous l'autoroute me permet de rejoindre le village de Valdemerilla. Les villages traversés sont minuscules et très différents, comme les paysages, des jours précédents. Le chemin traverse à présent de belles collines couvertes de genêts, de bruyères... et des forêts de châtaigniers dont certains doivent être pluricentenaires.

Je croise un local, un petit gros aux yeux rieurs qui s'adresse à moi en allemand. C'est la deuxième fois de la journée qu'on s'adresse à moi dans la langue de Goëthe. Il est étonné que je ne marche pas avec une canne ou un bâton. Pourquoi, je lui demande ? Contre les loups et les sangliers, pardi ! Les loups sont en effet nombreux dans la région de Zamora comme en témoignaient les photos du bar d'Asturianos montrant des chasseurs qui posaient fièrement à côté de loups... Morts évidemment ! Je lui réponds que je n'aime pas marcher avec des bâtons et qu'il me plairait beaucoup de croiser une bande de loups en chemin ! Échange de sourires... Quel bonheur de croiser des personnes qui respirent la joie de vivre. Plus loin, contraste, je croise un homme qui ressemble, en plus âgé, à l'antipathique hospitaliero brésilien de Salamanca vu une semaine auparavant. Pas un regard, pas un sourire, pas un mot... les yeux sont visiblement alourdis par la tristesse de la vie, de sa vie... Il y a longtemps que le sang ne semble plus couler dans son cœur, comme l'eau des fontaines qui ne jaillit plus dans les villages traversés aujourd'hui...

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