Si mes pieds tiennent le coup l'étape du jour sera longue, 38 km, car elle cumule deux tronçons de 17 et 21 km. Ces dernières années, le passage sur les terres des Fincas n'était plus autorisé suite, semble-t-il, à des actes d'incivilités. Mais c'est heureusement relégué au passé. Heureusement car le chemin primitif traverse les chênes liège et évite ainsi une marche inintéressante le long de l'A483 qui était devenu récemment le lot des pèlerins de la Via de la Plata.

Après 3 heures et une quinzaine de kilomètres de marche, nous atteignons, Hans et moi, El Real de Jara. J'en profite pour retirer mes chaussures de marche et remplacer mes pansements tout en savourant un, que dis-je deux cafe con leche !

En route ensuite pour une longue étape de 21 km. A la sortie du village, après un gué, le chemin longe les ruines du Castillo de las Torres qui marque l'entrée en Extremadure (Province de Badajoz). Pendant plus de 10 km, le chemin bordé de murets de pierres traverse des Dehesa de toute beauté peuplé de chênes liège probablement pluricentenaires.

Visiblement on approche de Monesterio, la capitale du jambon, car la concentration en cochons devient croissante au fil des kilomètres. Et si on m'a appris qu'on n'additionne pas des pommes et des poires, je peux vous affirmer, pour en avoir goûté aujourd'hui, que glands + cochon = excellent jambon !

L'endroit est calme: chemin faisant, je croise une religieuse de sinistre réputation pour les mâles en mal d'amour qu'elle rencontre...

Mes pieds, toujours eux... Ils ne crient plus, ils hurlent à présent pour signifier à mon cerveau qui n'en fait qu'à sa tête qu'il est temps d'arrêter. Plus loin, toujours plus loin... Je continue en espérant trouver "l'endroit" le plus favorable pour poser mon sac. Je retrouve au pied d'un chêne Hans qui me cède son aire de pic-nique avant de repartir. Une vingtaine de minutes plus tard, je suis à nouveau sur pied. On verra pour combien de temps... La N630 et l'autoroute dénommée "Via de la Plata" sont juste à côté. Je ne fais pas le poids et ne tiens pas à concurrencer les bolides motorisés sur "leur" chemin. Une couleuvre en a d'ailleurs fait les frais sur la route. Je l'immortalise... La suite du parcours, monotone, longe ces voies rapides jusqu'à Monesterio.

Mes pieds n'en peuvent plus et je suis décidé maintenant à me faire rapatrier mes vieilles chaussures de randonnée que je croyais définitivement remisées au placard. J'atteins enfin Monesterio. Direction, un hôtel car les bâtiments de la Croix-Rouge n'accueillent plus les pèlerins... Ensuite la bibliothèque qui offre un accès gratuit à internet... pour vous donner les dernières nouvelles... Sans oublier la soirée arrosée avec Hans... Vino tinto puis long dodo !

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