Les nuits en dortoir dans les refuges ne sont pas de tout repos (bruits, ronfleurs…). Aussi, ce matin en me levant je me dis : rien de tel que le bivouac ! Autre désavantage des nuits en refuge, le démarrage matinal souvent plus tardif. Au déjeuner, je discute avec Laurent, un randonneur originaire du Périgord. Tenue sportive, 2 gourdes à l’avant de son sac à dos, des bâtons de marche, un sac à dos de 13 kg… il compte parcourir le GR 10 en moins de 30 jours. Et je crois bien qu'il va y arriver !

Passé la très moche station de ski, le GR traverse de superbes paysages calcaires composés de lapias (calcaire fissuré et crevassé) où s'enracinent tant bien que mal des pins.


Le passage le plus délicat de mes 3 semaines de rando se trouve ici, au « Pas de l’Osque » où il faut gravir sur près de 10 mètres une paroi quasi verticale. Pas évident avec un sac à dos de plus de 20 kg ! Mes efforts sont récompensés : de l’autre côté, le GR se poursuit au pied des Orgues de Camplong dans des prairies alpines où je reconnais des fleurs montagnardes caractéristiques comme la Nigritelle (une orchidée - voir photo), la Doronic… C’est la première fois depuis le début du voyage que l’ambiance alpine se manifeste.

A la Cabane de Baitch occupée par un berger, j’en profite pour me réapprovisionner en eau. Mes pas foulent encore quelques belles prairies avant de traverser des forêts… sur des chemins particulièrement boueux. Je déplore le manque d’entretien et d’aménagements adéquats sur des sentiers comme celui-ci empruntés par de nombreuses familles en quête de nature et de grands espaces…

13h30, j’arrive à Lescun. La terrasse d’un bar me fait de l’œil mais si je veux atteindre le Col de Barrancq avant la nuit, je ne peux pas m’arrêter. Dommage, car mes pieds sont fatigués…

La montée, sous le soleil, de Lhers au Col de Barrancq est interminable…. Je suis assaillis de taons et régulièrement je dois m’arrêter pour leur livrer bataille jusqu’au dernier, car elles sont particulièrement tenaces. J’ai trouvé un truc qui fait mouche. C’est dans la phase d’atterrissage, une fraction de seconde avant d'être posé que le taon est le plus vulnérable et qu’il faut l’écraser car, à ce moment là, il n’a pas la capacité de faire marche arrière rapidement. J’en exterminerai ainsi une trentaine… Mes pieds sont en surchauffe, mon sac à dos tire à nouveau sur mes épaules… et pour compléter le tableau, je jure à nouveau sur le balisage déficient. Heureusement, après quelques égarements, je constate que des cairns ont été placés le long du GR, probablement par des randonneurs compatissants...

C’est avec une satisfaction énorme que j’arrive au col boisé de Barrancq car je sais qu'un peu plus bas, à hauteur de la Cabane ruinée d’Udapet-de-Haut, se trouvent des ruisseaux. Quand j'y arrive, je m’affale... 9 heures de marche, mes pieds sont morts… Je pense que j’en fais trop et qu’il faudra rapidement revoir mon rythme. Monter la tente, me laver, grignoter un bout, rédiger mes notes… il est 20h45, je suis exténué, je m’endors…

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