Au lever du jour, la lune est encore accrochée dans le ciel. Il fait calme autour du lac : pour seule animation, des moutons accompagnés d’un chien patou montent lentement vers les pâturages. Le berger, je le croiserai plus bas en même temps qu’un randonneur particulièrement volubile. Rapidement, notre discussion aborde "le" sujet sensible dans cette partie-ci des Pyrénées : l'ours.

Le randonneur : C’est d’abord l’homme et puis l’ours (qu'il faut protéger) ! Faut comprendre les bergers : les moutons, c’est leur famille !
Le berger : Moi, l’ours, j’ai rien contre tant qu’il se tient calme.

Mais visiblement, calme, il ne l’est pas toujours, à entendre les récits de notre berger. Lui, il l’a vu l’ours, plusieurs fois, et l'animal lui a même pris quelques brebis, heureusement avec des réformées dans le tas... Mais en 1969, il se souvient être resté dans la vallée avec son troupeau quand la bête a sévit dans les alpages. Un jour, un ours est même rentré dans le cimetière d'un village. Il n'en est jamais sorti... Bref, entre réalités et fantasmes, l’ours alimente toujours les conversations dans ce coin-ci des Pyrénées. Je poursuis mon chemin. L’ours, encore ! Des empreintes peintes sur des panneaux comme pour rappeler sa présence permanente.

Je fais un petit crochet par Gabas situé à la croisée du GR 10 et d’un chemin secondaire de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le temps de petit-déjeuner dans un hôtel et je suis reparti pour une montée éprouvante à travers des bois traversés par quelques belles rivières. La brume recouvre à nouveau la vallée et les sommets.

Le GR emprunte un sentier considéré comme vertigineux (photo) qui est taillé dans la corniche des Alhas. Après 2 bonnes heures, j’atteins un paysage grandiose composé de falaises calcaires et de pelouses : les falaises de la Tume aux pieds du Pic de Cézy, une sorte de « Montagne aux Buis » exposant 10, malheureusement masqué par la brume. J'observe quelques belles orchidées (orchis brulé - voir photo) et autres plantes du cortège des pelouses calcaires. Et toujours des Iris bleus et des Lys martagon...

Le GR se poursuit à flanc de montagne, la brume commence à se dissiper comme par enchantement.



Peu après, le GR traverse une rivière au lieu dit Cujalal de Hourtanel dans le topo-guide. Il est 15h00, je viens de marcher 7 heures. Le paysage est de toute beauté et mes pieds me disent STOP ! Le lieu est idéal : un terrain plat pour ma tente, une rivière pour me laver et nettoyer mes vêtements pleins de sueur… Je n'hésite pas longtemps à bivouaquer ici. Vers 17h00, le soleil disparait et la brume en profite pour remonter la vallée... Je m’engouffre dans l’antre chaud de mon sac de couchage… 18h00, des cris de marmottes... La fatigue commence à me gagner, je m’endors…

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Commentaires : 1
  • #1

    Patrice83 (lundi, 29 août 2016 17:55)

    Bivouac au lac Gentau toujours aussi magnifique, planter la tente le long du lac mais le plus loin possible du refuge vers l'Est afin de profiter un maximum du soleil en fin de soirée