Une mer de nuage coiffe la vallée ce matin. La montée vers la Hourquette d’Arre (2465 m) est interminable et me prend deux heures. En chemin, surprise : une salamandre… puis 2, puis 3, puis… Au total 11 individus dont un jeune de 5 cm, plus petit que la limace noire qu’elle croise en chemin. La brume de la nuit qui a recouvert d’humidité les pentes les a certainement fait sortir. Autour de la Hourquette, quelques oiseaux caractéristiques des sommets comme le merle à plastron, l’accenteur alpin…

J’aperçois plus bas le lac d’Anglas d’abord complètement dégagé puis progressivement enseveli par la brume. Descendre, c’est entrer inévitablement dans la mer de nuage, c'est-à-dire dans l'humidité… alors qu’ici, au sommet, c’est le grand soleil. Autant en profiter un peu, je m'installe confortablement le temps de grignoter quelques galettes et de faire sécher ma tente.

J’en profite également pour observer et photographier de belles floraisons de gentianes et de rhododendrons.



Après la pause, je me décide finalement à descendre pour m’engouffrer dans la brume. J'y croise de nombreux vacanciers espérant trouver le soleil au lac et je lis la déception sur leurs visages quand je leur annonce qu'il y était… mais qu'il n’y est plus ! J’atteins Gourette et découvre une station de sport d’hiver particulièrement moche. Vu le temps maussade, je décide toutefois d'y faire une pause et de me réchauffer dans un resto autour d’une pizza.

Est-ce l’effet de la pizza, mais une heure plus tard, je me sens plein d’énergie pour continuer ! Je marcherai 4 bonnes heures en passant le col des Tortes pour descendre vers la D918. Afin d'éviter de longer la route et traverser des tunnels, le GR impose une descente vers les cabanes du Litor avant de remonter à nouveau sur la Départementale 918 et le Col de Saucède.

Le long du sentier, je photographie mes premières et seules Edelweiss (photo) du séjour. Les marques rouges et blanches du GR me mènent jusqu’à la 2ème cabane du Litor et puis, plus rien ! Je tourne, je cherche, à gauche, à droite, plus de marques, rien, nada ! P…taing de balisage, une fois de plus ! Je peste… Je me résous à sortir le topo-guide et la boussole et pique, direction E/SE, en traversant des collines broussailleuses et des prairies marécageuses à linaigrettes… Mes bottines sont imbibées d’eau, j'enrage d’autant plus sur la balisage. Et finalement, comme par miracle, je retombe sur le GR qui rejoint, plus haut, la route. Quelques jours plus tard, je recroiserai Laurent du Périgord qui a judicieusement évité ce tronçon en restant sur la D 918 qui surplombe le Cirque du Litor.

Je suis pressé maintenant de trouver un coin pour monter la tente. Le GR quitte la départementale et monte au col de Saucède. Je poursuis le GR sur 2 km, en direction d’Arrens. Un vallon, des prairies, un ruisseau avec une cascade en arrière-plan, c’est décidé, je bivouaque ici. Tout s’enchaîne rapidement, la montée de la tente, un brin de toilette… car je suis pressé de m’engouffrer dans mon sac de couchage. Enfin au sec ! Mes chaussures sont trempées… mais demain est un autre jour…

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