5h00 du mat… un orage, heureusement passager. Mes pieds sont toujours en feu. Derrière l’église fortifiée de Luz (photo), je trouve difficilement le Pont de l’Egalité qui me permet de rejoindre le GR 10. Une fois encore, je sors mon topo-guide et ma boussole. Je prends la direction générale Est avant d’arrêter un automobiliste qui me confirme que je suis dans la bonne direction. Un choix s’impose à moi. Le GR se divise en deux branches. Toutes deux ont pour direction Barrèges, l'une en 3h15 qui passe par des villages, l’autre en 5h15 à travers la montagne. J’hésite… En attendant, je photographie un splendide lucane cerf-volant mâle, un insecte coléoptère de près de 6 cm qui arbore de spectaculaires mandibules avec lesquelles les mâles se livrent d'impressionnants combats rendus célèbres dans Microcosmos !

J’opte d’abord pour l’option « montagne » quand plus loin, un panneau me permet encore de changer d’avis. Après réflexion, je choisis finalement l’option « villages ». Le soleil joue en effet avec la brume sur les collines et les sommets ne sont peut-être pas dégagés... Mais surtout, mes pieds sont toujours endoloris et 2 heures en moins de marche ne peuvent que leur faire du bien. Je ne regretterai pas mon choix car les villages traversés sont de toute beauté. A plusieurs endroits, le GR est bordé de superbes floraisons champêtres et j’en profite pour faire quelques photos.

J’arrive à Barrèges peu avant midi. En passant à côté de la pharmacie, mon regard est attiré dans la vitrine par une pommade spéciale « Pieds en feu ». Je n’hésite pas, j’entre et m’achète un tube de ce gel que j’espère miracle car si je veux arriver à Bagnères-de-Luchon dans les temps, il faut que je puisse à nouveau parcourir quelques tronçons de 9 à 10 heures. Ce que je suis bien incapable de faire à présent avec mes pieds en compote. J’ingurgite 1 litre de jus de fruits multivitaminé, je suis calé pour la journée...

Je marche comme un petit vieux, toujours mes pieds... Paysages superbes où alternent des zones caillouteuses et des pins… mais je n’arrive pas à en profiter. Je n’attends qu’une seule chose, c’est d’arriver au Lac d’Aygues-Cluses. L’objectif est atteint à 16h00. Rapide coup d’œil sur la cabane d’Aygues-Cluses, elle est sombre, avec des matelas en mousse crasseux… Je préfère dormir sous tente. Au bord du lac, je retire mes chaussures et m’affale. La délivrance, enfin !

Un sursaut d’énergie me fait bouger : je découvre quelques rosolis (Drosera rotundifolia) et des grassettes (Pinguicula), 2 espèces de plantes carnivores que je photographie.

Deux personnes occupent la cabane, un couple d’une soixantaine d’années, visiblement des habitués du lieu. Je les vois qui longent le lac, s'accroupissent... et remplissent des bouteilles. Une source d’eau ! Peu visible, elle n'est pas renseignée dans le topo-guide.

J’ai l’impression que le temps menace de l’autre côté de la montagne. Vite monter la tente et me mettre à l'abri ! Je sors la « crème miracle » achetée ce matin pour les pieds en feu. Je lis « AKILENE ® PIEDS FATIGUES ET ÉCHAUFFÉS ». C’est en effet pour moi ! Et « GEL FRAICHEUR VIVE – SOULAGEMENT INSTANTANÉ ». J’en applique et me masse la plante des pieds, je ne sens rien de particulier… J’en badigeonnerai à nouveau une couche avant de me coucher et croise les doigts pour demain.

Au cou de deux juments accompagnés de leur poulain, le carillon des cloches me berce... Mes yeux se ferment, je suis exténué, je m’endors… avant d’être brutalement réveillé par un randonneur qui pique un plongeon dans le lac ! J’observe encore une hermine en chasse qui sautille de pierre en pierre, deux chamois…. Je m’endors assez tôt alors qu’une mer de nuage recouvre lentement la vallée remontée quelques heures avant…

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