Vue de la cabane de la Tariolle
En quittant ma cabane tôt ce matin, je ne pensais pas que la matinée serait tant casse-pieds. Dans le sens premier du terme... Mais avant de m’en rendre compte, mon objectif premier de l’aube est de prendre un bon petit-déjeuner au gîte dEsbints (810 m). D’origine allemande, Gila, l’hôtesse des lieux, a vraiment le sens de l’accueil dans la simplicité de sa cuisine - salle à manger. Pain et confitures maison, savoureux café, mirabelles du jardin... Que demander de plus ? Un pain maison tellement bon que je lui en achète un quignon. Il est difficile de s’arracher de tels lieux ou règne une atmosphère accueillante...
Gîte d'Esbints
La galère débuta ensuite avec une longue descente sur le bitume. Perdu dans mes pensées, je rate la bifurcation sur la droite de la route,  m’obligeant à remonter vers Aunac (766 m) par la route. Suis-je sur la bonne voie ? J’arrête une voiture. L’autochtone qui va aux champignons s’exclame : « Malheureux, c’est bien caractéristique du GR10, ça, qui vous envoie grimper vers Aunac pour mieux redescendre (vers le Moulin Lauga) alors que vous pourriez rester dans la vallée en passant par Seix ». Il n’a pas tort, le bougre ! Et je le constaterai plus tard sur un panneau : de Seix (où j’aurais pu me réapprovisionner) un sentier balisé mène au Moulin Lauga (541 m), (voir « Bon à savoir »). En attendant, trop tard pour faire marche arrière et suivre ses conseils... Il m’épargne quelques centaines de mètres de bitume en me menant à la sortie d’Aunac où je retrouve « mon » GR10. Au Moulin Lauga, un peu plus d’une heure plus tard, je croise le mari de la périgourdine solitaire (voir étape précédente) qui attend sa douce. Je poursuis mon chemin... Un « chemin », que dis-je, une route bitumée tout le long et sur plusieurs kilomètres entre ce Moulin et les carrières de marbre d’Estours. Non vraiment, à refaire, j’emprunterais la variante D du GR10 (GR10 D) -> voir « Bon à savoir ».
Cirque et cascade d'Aula
Passé les carrières d’Estours (675 m), le goudron et la piste cèdent enfin la place à un sentier à flanc de rivière qui traverse de superbes buxaies (forêts de buis) recouvertes de mousses filamenteuses pendantes. Le sentier s’ouvre dans le splendide cirque d’Aula alimenté par une cascade. Devant la cabane d’Artigue (cabane ONF, fermée – 1053 m), je retrouve le randonneur croisé l’espace d’un instant le matin même au gîte d’Esbints et qui se dirige, comme moi, vers le cabane dAula (1550 m). Rémy, habitant de la Sarthe au profil et à la chevelure poivre et sel à la George Clooney, en est à son troisième tronçon du GR10 qu’il compte bien finaliser cette année. Nous ne le savons pas encore, mais nos chemins se croiseront à de multiples reprises...
Reste une longue montée en lacets qui serpente en forêt. Le GR traverse plusieurs ruisseaux à sec où le sous-sol calcaire, probablement fissuré, absorbe le moindre filet d’eau. Mes bouteilles sont quasiment vides et je crains de ne plus trouver de source avant la cabane... ce que je vérifierai. Au col, je suis accueilli par des chevaux qui pâturent dans un grand amphithéâtre paysager... Encore cinq minutes de marche et la cabane d’Aula est en vue. Pas de source, mais à 100 m de la cabane, de l’eau dévale de la montagne. J’ai le choix entre une douche vivifiante ou la position couchée dans une baignoire creusée par le ruisseau. Tout en m’aspergeant d’eau glacée, j’aperçois une salamandre bizarre qui nage au fond de l’eau qui ne ressemble pas à la classique salamandre terrestre : noir et jaune dessus comme la salamandre terrestre, orange comme un triton dessous... Serait-ce un Euprocte des Pyrénées (Calotriton asper)? Le temps d’aller chercher mon appareil photo, il aura disparu dans les méandres du ruisseau...
La cabane d'Aula
La Cabane d’Aula a été rénovée il y a trois ans et offre des lits superposés (8 places). Les chevaux sont particulièrement attachants... Pour peu, ils rentreraient bien dans la cabane. L’un d’eux jettera un sort définitif à mon four à bois dont je tentais vainement de réanimer les flammes... en l'aplatissant d’un coup de patte. Peu efficace, ce réchaud ne me manquera pas... et m’allégera définitivement. Entretemps Guy et Noëlle nous ont rejoints. Étant tous matinaux, nous convenons de nous lever à 6h00 demain matin. La soirée sera courte : souper, dodo...

Bon à savoir 
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Pour éviter ou amoindrir le tronçon casse-pieds après Esbints, plusieurs options sont possibles :
        Suivre dans le village d’Aunac le balisage jaune vers Mede pour rejoindre ensuite la route pour Estours (demander des précisions sur ce balisage au Gîte dEsbints)
        Sinon, tant qu’à faire un peu de goudron, autant pousser jusqu’à Seix (donc, sans monter vers Aunac), petite ville où vous pourrez vous ravitailler avant de rejoindre le Moulin Lauga via un sentier balisé en jaune (panneau Seix -> Moulin Lauga). Double intérêt : ravitaillement, terrain plat.
        À refaire, l’option que je privilégierais - voir « Bon à savoir » 05/08 - c’est d’emprunter tout le tronçon GR10D entre le Col d’Auédole (cabane d’Eliet) -> Col de la Core -> carrière d’Estours. Mais ce tronçon nécessite une autonomie de 3 - 4 jours en nourriture (entre le gîte « La Maison du Valier » et le gîte de Rouze) vu que vous ne passez pas alors par les gîtes d’Esbints, d’Aunac ou par la ville de Seix (cf. ravitaillements).

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