J’entends les premiers oiseaux chanter, il est 5h30. Je me lève pour réitérer un départ matinal. Départ à 6h12 précise. Descente délicate à travers des éboulis : ma cheville gauche me fait des misères, elle présente une fragilité, je le sais… Chaque pas nécessite une attention particulière et je dois veiller à poser le pied gauche sur une base plate et stable ! Je prends donc mon temps...

Heureusement, il ne pleut pas. La météo est sereine, le soleil darde ses premiers rayons sur les falaises. En face, dans le ciel, quelques vautours fauves… 2h30 plus tard, j’arrive à Bidarray, un village qui présente une très belle église romane du 12ème siècle.

Au loin, de gros nuages gris et un voile de brume, de bruine ou de brouillard, difficile à dire… Dans la montée, à la sortie du village, la brume, accompagnée d'un petit crachin, commence à envahir les montagnes. Au premier col, je croise un randonneur anglais qui rebrousse chemin : il pleut là-haut et on ne distingue rien à plus 10 mètres sur les crêtes d’Iparla qui, par beau temps, offrent une vue à plus de 100 km, de la Méditerranée au Pic d’Anie. Je continue mon chemin, on verra bien jusqu’où je pourrai aller... L’avantage de bivouaquer, c’est qu’on est autonome et qu’on peut décider de planter la tente dès qu’on veut… ou du moins dès qu’on le peut car les terrains plats ne sont pas fréquents le long du GR !

Finalement, ce petit crachin perdurera toute la journée... En chemin, je veux bifurquer par une variante du GR pour échapper aux crêtes aériennes vu qu'on n'y voit rien. Cette variante décrite dans le topo-guide est censée être balisée en bleu… mais les marques que je découvre au sol sont... jaunes. Bizarre... mais comme je suis certain de ma localisation, je l'emprunte. Après 1 km il DOIT rejoindre le GR 10 ! Mais je ne vois pas l’ombre de marques rouge-blanc... A la place, des « pastilles roses » peinturées sur les pierres !? Après 1 km supplémentaire, je dois finalement bien me rendre à l’évidence que je fais fausse route : le chemin redescend dans la vallée ! Je peste en me remémorant le balisage bancal de la veille et mes résolutions à la sortie de Sare... Maudit topo-guide, maudit balisage... Je commence à hésiter sur mes certitudes quant à la localisation de cette bifurcation... Aussi, je fais les 2 km en sens inverse et retrouve le GR au point où je l’avais laissé. Pour me donner du courage, je grignote quelques galettes, calé contre mon sac à dos.

Arrivent deux jeunes d’à peine 20 ans, Jérémy et Michael, originaires de Normandie, que je retrouverai à quelques reprises le long du GR. Je croise également en chemin un suisse et un allemand qui me disent que, malgré le brouillard, les marques du GR sont bien visibles sur les hauteurs. Ils me suggèrent de bivouaquer ici et d'attendre la fin de la bruine pour profiter des superbes paysages qu'offrent habituellement les crêtes d'Iparla... mais je décide de continuer car je crains que le mauvais temps ne soit installé pour plusieurs jours.

J'arrive vers 17h30 au Col de Buztanzelay où je monte ma tente... et me lave tout nu (si si, mais y a pas de photos !) dans le brouillard. Pas grand monde pour observer le spectacle ! Aujourd’hui, à nouveau, j'ai marché 11 heures… Mes chaussettes et mes chaussures trempées empestent, pire qu'un vieux reblochon ! Et dire que je vais devoir dormir avec cette odeur en arrière-fond…

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