6h20, il ne pleut pas mais une chape grise plombe le ciel… Le temps de tout replier, une heure plus tard je suis en route. J'entame la descente vers Saint-Etienne-de-Baigorry. Un peu en contrebas du col, j’aperçois une tente sur un replat, au pied de quelques arbres. C’est celle des deux jeunes normands croisés la veille. Ils m’apprendront plus tard que ce lieu de bivouac présente une agréable source d’eau, la seule rencontrée après Bidarray.

Dans la pente, je croise un allemand en route vers Santiago-de-Compostelle par la variante du Chemin de Saint-Jacques qui traverse des montagnes et longe la côte espagnole : el Camino del Norte. Il m’informe que les conditions météo ne devraient pas être exceptionnelles aujourd’hui… et que demain ce sera pire ! A peine arrivé à l'entrée du village de Saint-Etienne, c’est le déluge, l’orage s’abat subitement, sans crier gare. En attendant une accalmie, je m’abrite sous la terrasse couverte du café du coin et bois, comme il se doit… un grand café crème ! Une vingtaine de minutes plus tard, la pluie faiblit en intensité et je me décide à rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port. Si demain la météo doit être encore plus épouvantable qu’aujourd’hui, autant atterrir dans un village ou une ville plus animée !

Marcher sous les ondées et le brouillard n’est toutefois pas pour me déplaire… Ces conditions météo donnent quelque chose de magique aux paysages embrumés; elles invitent également à la réflexion voire à une certaine méditation, en laissant libre cours à mon imagination…

En chemin, je croiserai à plusieurs reprises des vers de terre de plus de 1 mètre de long qui ressemblent à des Nicodrilus longus (Eh oui, dans une vie antérieure, j’ai étudié ces animaux) mais ici, vu leur taille, je les qualifierais volontiers de « superlongus » Et pour accompagner ces vers, j'en observe également d’autres, plus inattendus dans ces paysages terrestres : des sangsues ! Avec la pluie, elles sont également de sortie...

Fatigué, fourbu, j’arrive à Saint-Jean-Pied-de-Port où je m’installe dans le premier gîte d’étape que je croise. Il y a de la place… Je ne suis pas seul dans la maison, il y a aussi Bruno, dit « Bruno sac à dos », originaire d'un petit village de l’Ariège connu pour ses cultures de cannabis et son réseau de soixante-huitards. Un sacré personnage, ce Bruno : bon vivant et intarissable en blagues de toutes sortes ! C’est la 7eme fois qu’il parcourt Saint-Jacques… où apparemment il ne passe jamais inaperçu!

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