Aujourd’hui, ce devait être une étape de 6h15 d’après le guide. En réalité, 9h pour moi. Longue et belle remontée du Rio Ara pour commencer. Second jour de grand beau temps. Leurs vocalises m’accompagnaient déjà précédemment mais là, sous le soleil écarlate et le ciel azur, tous mes sens sont en éveil et je distingue aisément  leurs auteurs : rouge-queue noir, traquet motteux, accenteur mouchet, pipit spioncelle, serin cini, bruant fou, bruant jaune... Chemin faisant, je croise plusieurs cabanes ou refuges, tous en mauvais état et sans confort ! Précision utile au cas où vous comptiez vous y arrêter ;-) Même les portes ne tiennent plus...

Rio Ara, Rio Batanes... le sentier grimpe et les névés refont leur apparition. En contrebas du col et de la pente, entièrement recouverts de neige, je croise un groupe de basques se reposant. Pas de difficultés majeures, me disent-ils, si ce n’est, de l’autre côté du col, la présence sur 200 ou 300 mètres de neige verglacée et glissante. Ici, des crampons seraient bien utiles sous mes semelles glissantes, d’autant plus que la pente n’est pas si faible que cela. Je redouble de prudence à chaque pas en évitant de regarder trop souvent sur le côté, et j’avance à pas posés, aidé de mes bâtons qui équilibrent ma progression dans la neige. La vue du Col de Brazato (2550 m) est splendide sous la neige et l’Embalse est en pleine débâcle, découvrant ses eaux aux belles couleurs céruléennes. 


Mais le plus dur reste à faire... Deux heures de descente, de l’Embalse vers Panticosa par un sentier en lacets interminables, encombrés sur son premier tronçon de nombreux rochers. Quand on croit se rapprocher de Panticosa, quelques lacets plus loin et on a toujours la même vision... Et, vu du haut, ce village n’a semble-t-il rien pour lui, avec ses constructions modernes. Aussi, c’est décidé, au prochain croisement, je ne descendrai pas voir à quoi ressemble le village, même avec la perspective de m’installer à une terrasse et boire une bière ! Je poursuis donc le GR 11 qui grimpe en lacets – encore des lacets ! – pendant une quarantaine de minutes vers un plat herbeux (renseigne dans le topo-guide) bordé d’un cours d’eau où je compte bivouaquer. 16h00, il est tôt... Repos du randonneur, enfin !

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