Burguete
étant sur la route des pèlerins matinaux, c’est tout naturellement que le bar « El fronton » ouvre ses portes dès 6h30, un exploit pour un bar espagnol qui, généralement, n’ouvre pas ses portes avant 9h00 du matin. Lorsque j’arrive, s’y trouvent déjà un couple d’italien portant leurs affaires dans une charrette à deux roues, un couple d’allemand typé avec leur petit sac au dos, et un cycliste blond et filiforme, je l’aurais juré, un hollandais ! Et du bar, j’en vois une dizaine d’autres filer sur la route. 8h00, après deux cafés et un morceau de cake aussi léger qu’une madeleine, je redémarre... car moi aussi j’ai un cap à atteindre, celui de Higuer, mon Finistère à moi.
Première surprise, le GR au lieu de filer plein ouest pour remonter ensuite vers le NO (cf. topo-guide), m’envoie une fois encore vers un nouveau tronçon du GR 11, plein Nord, ensuite NO, jusqu’à Sorogain. A partir de là, l’ancien et le nouveau se retrouvent et se superposent. Dans tous les cas, no stress, le balisage est excellent ! La première partie jusqu’à Sorogain passe au-dessus des collines herbeuses dont « un 1194 m », le Mendixuri

Ici, les alouettes lulu et des champs se disputent le paysage sonore tandis que le tarier pâtre et le pipit des arbres ont depuis longtemps remplacé leurs cousins montagnards, les traquets motteux et pipit spioncelle. Quant aux fauvettes à tête noire, elles n’arrêtent pas de me surprendre dans cette région avec leur chant vraiment très particulier terminé par un « di-du-di-du-di-du-di-du-di-du-di-du... »  

Le bar-restaurant de Sorogain, en travaux, proposera bientôt aussi l’hébergement. Dans le bâtiment à côté, un centre d’info touristique, ouvert. Le GR longe le ruisseau Sorogain avant de remonter le ruisseau (Erreka) Odia à travers une splendide forêt de hêtre. Aujourd’hui, les rencontres se succèdent... Dans la montée, un catalan échevelé, la soixantaine qui vient de débuter le GR au Cap Higuer. Un montagnard expérimenté qui a escaladé pas mal de sommets. Pour l’heure, il me propose du vin dont il porte chaque jour une bonne bouteille. "Non merci, jamais pendant la rando", lui dis-je ! Au sommet, je débouche sur un col herbagé au pied de l’Adi (sommet : 1457 m). Paysage ouvert de courte durée car le GR se poursuit bientôt sur une piste forestière monotone qui descend jusqu’au col forestier de Urkiaga (912 m). 

Double déception à Urkiaga : d’une part, le robinet d’eau renseigné par le topo-guide à l’extérieur de la cabane est « mort » depuis longtemps ; d’autre part, le col est entièrement boisé, impossible de planter une tente. Je n'ai pas d’autre choix que de continuer ! Dans la montée, je croise simultanément Jean, la quarantaine, un sympathique randonneur qui tient un gîte à Decazeville, Les Volets bleus, sur le Camino francès, à 20 km de Conques. Ensuite un espagnol de Zaragoza, la trentaine qui porte un double sac, un grand visiblement lourd sur le dos et un plus petit sur le ventre. Finalement, je ne suis pas à plaindre...  Et enfin, Lara, un jeune de Pamplona... Avec le début des vacances d’été, les randonneurs deviennent plus nombreux sans que l’on puisse déjà parler d’affluence... 


Une heure après le Col d’Urkiaga, une cabane avec l’inscription « Zaguako Etxola » qui signifie tout simplement la cabane de Zaguako, comme me l’expliquera son propriétaire, Michel, que je rencontrerai plus tard ! Vue superbe, robinet d’eau... c’est ici que je plante ma tente !  


Bon à savoir : Nouveau tronçon de GR 11 en Navarre décrit sur le site de la Federación Navarra de Deportes de Montaña y Escalada (PDF). Le bar-restaurant de Sorogain proposera bientôt aussi l’hébergement.  Il est conseillé de faire le plein d’eau à Sorogain ! Ensuite, eau provenant de sources dans la montée forestière qui suit. Egalement une source à faible débit (permanente ?), 5 min. après le col herbagé au pied du col Adi, côté droit du chemin.  Ensuite, rien jusqu’au col d’Urkiaga (col forestier, impossible de camper). Une heure après le col d’Urkiaga, cabane « Zakuako Etxola » (possibilité de bivouac) avec robinet d’eau extérieur (sinon, ruisseau 100 m en amont de la cabane).

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