Ciel couvert ce matin. Tant mieux pour marcher, en espérant que la pluie ne me tombe pas sur la tête. Après avoir replié et remballé mes affaires, je poursuis la piste qui grimpe vers les hauteurs et bientôt se transforme en sentier dans les genêts. Étonnamment, j’y entends des cailles des blés chanter. Caille des blés chez nous, caille des genêts ici ! J’atteins le Col de Jou (1838 m) où je me prends une pause de quelques minutes face à une nouvelle vallée qui s’offre à moi et dans laquelle le GR se poursuit. Monter, descendre… Encore et toujours.

J’arrive au Bordes de Nibros (1480 m), une poignée de granges dont certaines sont en ruine, au bord de la Ribera d’Estaon. Une demi-heure de marche plus tard, le village d’Estaon est en vue. Il s’y trouve un Refuge mais aussi les appartements touristiques « Casa Motxo » où j’atterris en cherchant un endroit pour me prendre un café. La propriétaire, une sexagénaire, m’accueille très gentiment chez elle et m’offre un café et des biscuits pour un prix modique. Je suis content de pouvoir pratiquer mon espagnol avec elle. Elle m’apprend que le hameau est essentiellement composé de secondes résidences. Comme trois autres personnes, elle vit ici toute l’année, été comme hiver.


Après cette pause réparatrice m’attend un dénivelé de 1000 mètres pour arriver au Coll del Caubo (2228 m) que j’atteins très péniblement. J’ai beau marcher depuis deux semaines, cela reste toujours une épreuve pour mes muscles et mon souffle, surtout l'après-midi, après quelques heures de marche. Se succèdent des versants secs herbacés, des landes à genêts et une forêt de pins présentant un important couvert de myrtilles et de rhododendrons. Comme la forêt traversée la veille, celle-ci présente des arbres tortueux couverts de lichens et d’innombrables arbres morts sur pieds ou couchés sur le sol. J’imagine y croiser un grand tétras ou un ours en maraude. Sait-on jamais… Aussi, je marche d’un pas léger et lent, en essayant de faire un minimum de bruit.

Au col où j’arrive épuisé, le ciel est sombre et le tonnerre gronde de temps en temps, comme des coups de semonce. Je crains de me retrouver sous l’orage et j’accélère le pas dans la descente qui traverse encore de très belles forêts. De temps en temps les nuages crachent quelques gouttes de pluie mais les dieux me préservent pour le moment de l’ondée…
Dorve, un hameau sinistre composé essentiellement de maisons abandonnées ou en ruine est à deux pas et je m’y réfugie car je le sens, les nuages vont bientôt éructer toute l’eau qu’ils contiennent. Et pourtant, après une demi-heure de pause, toujours rien… et donc je redémarre. Mais voilà que le tonnerre gronde de plus belle. Aussi, j'accélère le pas... Je ne marche plus, je cours dans la descente.Encore 40 minutes et je suis à La Guinguetta d’Aneu. Il était temps car le front de pluie se rapproche à vue d’œil dans la vallée. Je me réfugie dans le bar-restaurant-hôtel Cases au bord de la nationale. Una cerveza, por favor ! Avec ce temps, je n’ai pas trop envie d’aller au camping… Je m’informe des prix des chambres : 19,46 euros TVAC ! De accuerdo ! Une bonne nuit en perspective… En tout cas, un bon bain chaud et un bon lit !

Bon à savoir : si l’envie vous prend d’aller au camping à la Guinguetta d’Aneu, sachez qu’en juin 2009 une nuit coutait 17 euros (alors que la moyenne, dans d’autres campings, est de 11 euros/personne/tente !) alors que pour quelques euros de plus vous pouvez avoir une chambre impeccable à l’Hôtel Cases (19,46 euros !).

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