Premiers debout ce matin au refuge, les belges, à 6H00. Les premiers partis également, à 7h00.

C’est la première journée que je ne marche pas seul et cela me fait du bien de papoter de temps à autre avec Alain et nos amis néerlandophones. Nous marchons chacun à notre rythme et nous retrouvons de temps à autre. Le GR longe le Lac Sant Maurici avant de grimper vers des cascades et ensuite le Port de Ratera avant de redescendre vers le barage et le Refuge de Colomers.


Les paysages traversés aujourd’hui sont paradisiaques, le GR longeant une série de lacs, plus beaux les uns que les autres. Assurément, l’un des plus beaux tronçons du GR. Nous arrivons vers 13h00 au Refuge Colomers où nous pique-niquons, face au lac.
Ensemble, nous décidons de prendre un autre tronçon du GR (et non la variante 18 du GR 11 décrite dans le guide). Ce tronçon est décrit dans le topoguide anglais de Dimitri et Jelle et, s’il est un peu plus long, il semble qu’il y ait moins de dénivelés… Avec le recul, je ne le pense pas car passé un premier col, le GR redescend fortement avant de remonter de plus belle vers un autre col où nous arrivons épuisés. Au loin, dans la vallée que nous descendons, nous distinguons un petit lac de barrage et une maison à son bord. Peut-être un refuge ? Le pas s’accélère car il commence à pleuvoir. La maison est occupée par un jeune d’à peine 20 ans. Je lui demande: hay un refugio por aqui ? Si, abajo, me répond-il ! Plus bas, il y a en effet une cabane au bord du lac mais on se retrouve devant une porte close. On ne comprend pas… Il faut vite trouver un endroit pour se réfugier car la pluie approche. Apparaissent alors deux femmes dont les maris taquinent les poissons au bord du lac et qui vont rejoindre leur voiture, chassées par le mauvais temps. A la même question, l’une d’elle me répond qu’il y a en effet une sorte de refuge plus bas et comme c’est sur son chemin, elle nous y emmène.

Nous avons le choix, elle nous désigne une grotte sur la gauche et une maison… en ruine sur la droite. Un lieu qui peut nous abriter le temps de la pluie mais pas un refuge au sens où on l’entendait… Nous choisissons toutefois la maison.

Il ne reste que les murs extérieurs et les plafonds ont déjà rejoint depuis longtemps le rez-de-chaussée. Une annexe crasseuse recouverte partiellement d’un toit fera l’affaire le temps que la pluie passe… Il pleut, et paradoxe de la situation, nous n’avons plus d’eau potable ! Ne sachant pas combien de temps nous devrons passer dans
cet endroit insalubre, nous bricolons un système pour récupérer l'eau du ciel à l’aide d’un grand sac en plastique et d’une gamelle. C’est à peine si nous récoltons quelques centilitres… Le plus gros de l’orage passe finalement plus loin et nous épargne, mais nous pressentons que le ciel couvert et la pluie modérée qui s’abat au-dessus de nos têtes sont installés pour quelques heures… Et impossible de dormir dans ce taudis, il nous faut donc redémarrer.


Nous suivons durant une vingtaine de minutes un sentier à flanc de colline qui rejoint plus loin une piste... et nous tombons nez à nez avec une maisonnette – une cabane de berger - … dont la porte n’est pas fermée à clé. Génial, un abri en dur, sec et propre ! Et avec une source d’eau potable, 20 mètres en aval de la maison, que nous renseignera le lendemain matin le propriétaire des lieux au ventre rebondi et au sourire ample ! C’est décidé, nous passerons la nuit ici. Flamands, francophones, wallon et bruxellois se retrouvent à nouveau pour une nuit ensemble…

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