L’eau du camping a un désagréable goût de chlore. Je ne fais pas le plein en comptant sur le litre d’eau qu’il me reste de la veille. Peu après le béton, la piste caillouteuse grimpe avant de se transformer en sentier… Bassega Can Nou, le café renseigné dans mon topoguide est en fait une maison du hameau mais la dame qui s’y trouve ne daigne pas ouvrir ses frigos de boissons fraiches malgré ma demande. Pas encore ouvert, trop tôt, me fait-elle comprendre ! Tant pis pour elle, elle perd un client et je continue jusqu’au Refuge de Bassegoda (clé disponible au café du hameau) situé un peu plus haut où mes pieds peuvent se reposer à l’air en grignotant un morceau de pain face à un très beau paysage… Mais il me faut redémarrer. ¾ d’heure de lacets plus tard sous les arbres, j’arrive vers midi au col de Bassegoda où je me décide à pique-niquer dans l’herbe, à l’ombre des arbres. L’endroit est agréable malgré l’absence de vue. Je prends mon temps, je fais une sieste…

13h30, je redémarre par de petits sentiers qui montent et qui descendent, la plupart du temps dans des habitats forestiers.
Les descentes sont épuisantes pour mes pieds mais les paysages deviennent de plus en plus charmants au fur et à mesure que je me rapproche de mon étape.

Sant Aniol d’Aguja n’est plus très loin. Peu avant, au Rio Sant Aniol, je ne tiens plus, je plonge dans l’eau. Un pur bonheur !Encore une dizaine de minutes de marche et j’arrive à la chapelle Sant Aniol d’Aguja où deux personnes sont en train d’installer leur campement. Patrick, un breton et Michel, un parisien, tous les deux retraités, qui ont déjà vécu pas mal d’aventures sur les GR et les HRP. La fontaine coule en abondance, la rivière avoisinante est limpide et belle. Ce lieu est un petit paradis pour bivouaquer ! Deux grands corbeaux passent et les crapauds accoucheurs (alytes) sifflant leur « tiou » me berceront dans la nuit tandis qu’ils empêcheront Patrick de fermer l’œil… Satanés crapauds !

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