C’est presque devenu un rituel quotidien : lever à 6h00, départ à 7h00. Près de 3 heures me séparent ce matin de Mollo, un petit village de quelques centaines d’habitants. Le GR commence à arpenter des paysages plus vallonnés, plus ouverts, avec d’avantage de prés et déjà quelques belles prairies « montagnardes » à cocristes et dactylorhizas (une orchidée, voir photo) lorsque, au loin, Mollo se découvre… Tous les bars du village sont fermés… sauf celui de la « cooperativa » sorte de magasin-bar, où se retrouvent autour d’une table quelques travailleurs et des habitués du lieu. J’y bois un café et papote avec une dame du village… Survint une autre femme qui demande à la gérante d’offrir un café à une « personne sans le sou », un espagnol de 47 ans qui, d’après ce qu’il me raconte, arpente les routes depuis l’âge de 21 ans, à pied avec son baluchon. A l’idée de prendre des chemins de traverse dans les montagnes, il rechigne. A cause des ours : « Tengo miedo de los osos », me dit-il. Je le quitte en me disant que les vrais voyageurs, ce ne sont pas des personnes comme moi qui voyagent avec leur carte VISA mais des personnes comme lui et d’autres qui font confiance au hasard, des personnes qui ne savent jamais où ils dormiront le soir et de quoi sera fait leur lendemain. A méditer...


A la sortie de Mollo, il me faut gravir une première colline. Ici, on rentre dans un autre monde. Finis les buissons et la végétation méditerranéenne, place aux prés à caille des blés et aux riches floraisons de cocristes et d’orchidées…. Plus haut apparaissent même quelques pieds de nigritelle, une orchidée caractéristique des prés alpins. Le ciel s’assombrit dangereusement et des premières gouttes commencent à tomber… Rapidement je comprends que ce qui m’attend n’est pas de la rigolade… et en un temps record j’enfile rapidement mon poncho. La pluie s’abat de plus belle, l’orage gronde et des grêlons gros comme des billes se fracassent sur le sol. Aucune possibilité de me réfugier, je suis très rapidement trempé et je ne peux que continuer…

Plus de deux heures durant, je marcherai ainsi vers ma destination, en prenant bien soin de ne pas louper des balises suite à une mise en garde faite par deux anglais rebroussant chemin… Malgré que je sois trempé, je suis fasciné par ces « éléments déchainés », l’orage qui tonne, la pluie qui crée des rivières qui bientôt me dépassent sur le GR…
Arrivé à Setcases, trempé jusqu'aux os, je me dirige vers un hôtel que me renseignent des villageois. Alors qu’il y a deux jours à peine, je rêvais de prendre une douche froide, maintenant je me détends avec un immense bonheur sous une douche bien chaude…

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